Alors que le festival de Cannes, rencontre phare du cinéma du monde entier, s’apprête à tirer son rideau, le cinéma hexagonal fait ses comptes : à l’export, l’année 2010 a été morose…
Le monde a-t-il été un peu moins cinéphile en 2010 que par le passé ? C’est en tout cas ce qui semble ressortir du bilan 2010 du cinéma français à l’international que vient de publier Unifrance, l’organisme chargé de la promotion des films français sur les marchés du monde : avec un total de près de 60 millions d’entrées en 2010, le cinéma français à l’étranger enregistre une baisse de 11% par rapport à l’année 2009. Des résultats légèrement inférieurs à la moyenne de la décennie qui se situe à 61 millions d’entrées.
Autre constat qui peut surprendre ; alors même qu’ils voudraient conquérir de nouveaux territoires, les films français ont enregistré leurs plus beaux succès dans les pays qui leur sont traditionnellement les plus accessibles, c’est-à-dire en Europe, tandis que les pays émergents, mais très prometteurs, comme la Chine, restaient plutôt en retrait. Les causes de cette relative morosité ?
Elle s’explique d’abord, souligne Unifrance, « par le manque de films très porteurs en 2010 ». Les trois plus grands succès de l’année, The ghost writer (Roman Polanski), From Paris with love (Pierre Morel), et Océans (Jacques Perrin) sont tous les trois aux alentours de 7 millions d’entrées. En 2008, les films du trio de tête obtenaient chacun quelque 10 millions d’entrées tandis qu’en 2009 le premier film, Taken (Pierre Morel) –un film français tourné en anglais et aux Etats-Unis…- représentait à lui seul un tiers des entrées grâce, notamment, à son succès américain… Autre difficulté du cinéma français ; il accuse un certain retard en matière de tournage de films en 3D, alors que ce nouveau genre semble en passe de devenir la meilleure source de « blockbusters » aux Etats-Unis.
Inquiétant ? Pas vraiment… D’abord parce que le crû 2010 a également été morose pour nombre d’autres pays grands producteurs de cinéma, à commencer par les Etats-Unis. Mais aussi parce que d’autres indicateurs sont au vert ; même si le nombre d’entrées est globalement à la baisse, le nombre de films présents dans les salles étrangères est, lui, en hausse, avec 415 films français distribués dans le monde en 2010. Et les réalisations en langue français ont plutôt tendance, elles, à progresser. Enfin, le cinéma français enregistre quelques beaux succès, parfois dans des pays inattendus ou en tout cas peu francophones : en Russie, les entrées pour les films français ont ainsi augmenté de plus de 40% -grâce surtout, à vrai dire, à la politique menée par le pays en matière de rénovation des salles !- tandis que le Brésil et le Japon connaissaient eux aussi une progression forte.
Certains films font même davantage d’entrées à l’étranger qu’en France ! Ainsi de Coco Chanel et Igor Stravinsky (Jan Kounen) qui a attiré 220 000 spectateurs aux Etats-Unis, 60 000 en Chine et 58 000 au Royaume-Uni. Bébés (Thomas Balmès), avec près d’un million d’entrées aux Etats-Unis enregistre ainsi dans ce pays en 2010 un résultat trois fois plus important qu’en France…
Au total, les marchés internationaux représentent désormais un enjeu majeur pour les producteurs et réalisateurs français ; dans un secteur très mondialisé, un succès national ne suffit plus… Autant dire que les Français à l’étranger pourront probablement de plus en plus, année après année, retrouver leurs stars favorites dans les salles obscures du monde entier !
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