Dans un pays vieillissant, les entreprises allemandes peinent à trouver une main d’œuvre qualifiée. Ingénieurs et commerciaux français, bienvenue !
En mai 2011, l’Allemagne est passée juste en-dessous de la barre des trois millions de chômeurs atteignant ainsi un taux de 7% pour l’ensemble du territoire. Dans certaines régions -Bavière et Bade-Wurtemberg notamment-, il est même question de plein-emploi. Résultat, le marché du travail allemand a un problème que bon nombre de ses voisins européens lui envient : le manque de main-d’œuvre qualifiée.
Les recruteurs n’hésitent donc plus à prospecter dans les autres pays européens, notamment pour y trouver ingénieurs, commerciaux ou encore médecins. En Espagne, où le taux de chômage des jeunes est très élevé, mais également en France. « Nous avons de plus en plus de demandes d’entreprises allemandes », confirme Catherine Zavard, de Athena, une association mandatée par l’ambassade de France pour aider les entreprises allemandes à trouver du personnel français.
« Le rapport entre offre et demande est inversé, décrit Olivier Jacquemod, du site connexion-emploi qui sert de plate-forme d’emploi entre les deux pays. Aujourd’hui, en Allemagne, c’est aux employeurs d’attirer les candidat, en proposant des rémunérations attrayantes ou des perspectives de promotion ».
Ingénieurs et commerciaux se font rares
En premier lieu, ce sont des commerciaux que les entreprises recherchent. La plupart du temps, afin de pouvoir s’ouvrir au marché français ou pour s’occuper de leurs clients en France. « Les ingénieurs arrivent ensuite, mais là encore, il y a souvent un rapport au secteur commercial » explique Catherine Zavard. Même constat pour Olivier Jacquemod : « un candidat qui a une formation technico-commerciale aura le choix entre plusieurs offres d’emploi».
Pour les ingénieurs, se pose cependant la question de la reconnaissance de la formation. « Les systèmes de formation sont radicalement différents. En France, on forme des ingénieurs généralistes. En Allemagne, des ingénieurs spécialisés. Lorsque des ingénieurs français cherchent en Allemagne, la très grande majorité trouve un emploi, mais il leur faut bien expliquer leur formation ».
Maîtrise de la langue presque indispensable
Autre nécessité pour les Français qui veulent travailler outre-Rhin ; parler l’allemand. Une compétence qui devient plus fréquente avec l’arrivée sur le marché des nouveaux diplômés de cursus franco-allemands. « A compétences égales, il est évident que les entreprises privilégieront quelqu’un qui sait parler allemand, souligne Catherine Zavard. Notamment pour une meilleure intégration dans le pays ».
Olivier Jacquemod différencie cependant plusieurs cas de figures : « Un commercial devra absolument parler allemand, car il est en contact avec les clients. Pour les ingénieurs, s’ils travaillent en laboratoire par exemple, avec un très bon niveau d’anglais, cela peut éventuellement passer. Les entreprises n’ont de toute façon plus vraiment le choix ! »
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