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Les lycéens expatriés manquent de conseils

Orientation post-baccalauréat : Les lycéens expatriés manquent de conseils

Pour les aider à choisir leur cursus les jeunes français résidant à l’étranger n’ont pas la chance d’accéder à toute l’information dont disposent que leurs camarades scolarisés en France. Mais leur qualité d’expatriés leur ouvre des perspectives que les autres n’ont pas.

L’orientation post-bac est une étape décisive pour les jeunes. Elle est souvent facteur de stress au sein des familles. Les adolescents ont l’impression d’y jouer leur avenir et leurs parents ont parfois tendance à projeter sur eux leurs succès, leurs échecs et leurs regrets. Pour les expatriés, leur éloignement de la France complique encore davantage les choses.

D’abord parce que les lycéens ne peuvent pas se rendre aux salons et autres portes ouvertes organisées par les établissements français, universités, écoles de commerce ou d’ingénieurs. Il leur faut donc trouver des solutions pour parer à cette difficulté d’accès à l’information. Géraud, élève en Terminale S au Lycée Français de Chicago, envisage, par exemple entre autres, de faire médecine : « Pour évaluer et valider ce choix, j’ai du utiliser mon réseau personnel. J’ai parlé avec des professionnels par le biais de Skype, j’ai envoyé des e-mails », explique-t-il.

Une autre difficulté souvent évoquée par les lycéens expatriés est, ensuite, qu’ils ne connaissent pas leur niveau par rapport aux élèves scolarisés dans les lycées de la métropole : « Pour faire mes choix, mon principal souci était de savoir quel était mon vrai niveau scolaire par rapport aux élèves qui sont en France. J’ai eu du mal à me situer. Je craignais que mes choix en termes d’orientation soient trop ambitieux notamment en ce qui concernait les classes préparatoires scientifiques françaises», souligne Géraud.

A ces doutes et ces questionnements s’ajoutent enfin aussi pour ces élèves la gestion de difficultés d’ordre logistique pour leurs inscriptions dans les établissements français. Dans leur cas, elles peuvent être différentes de celles de leurs amis ou cousins restés en métropole. D’autant que les calendriers scolaires de leurs lycées ne correspondent pas toujours à celui des établissements implantés sur le territoire national, ce qui n’arrangent pas les choses.

Mais l’expatriation n’a pas que des inconvénients. Elle peut aussi être créatrice d’opportunités pour les lycéens. Bien que la vocation des lycées français de l’étranger soit de promouvoir les études supérieures en France, de plus en plus de jeunes bacheliers expatriés s’orientent vers des formations locales notamment lorsqu’ils habitent  dans des pays anglo-saxons.

Tiphaine, élève de Terminale S au Lycée Français de Chicago, vit à l’étranger depuis son plus jeune âge. Elle n’envisage pas vraiment de faire ses études universitaires en France bien qu’elle y ait toute de même envoyé des dossiers de candidatures : « Pour moi, la France, c’est un lieu de vacances. Je souhaite avoir un parcours international. Je baigne dedans depuis l’âge de six ans. ». C’est pourquoi, elle a aussi postulé dans des universités anglaises, américaines et canadiennes. Et elle n’est pas la seule puisqu’au lycée français de Chicago, en moyenne, la moitié des bacheliers rentrent en France alors que l’autre moitié poursuivent leurs études à l’étranger, principalement aux Etats-Unis, au Canada et au Royaume-Uni. Au lycée français de Londres, c’est 60% des élèves qui décident de réaliser leurs études supérieures dans le système britannique.

Pour ceux qui décident de rentrer en France, leur statut d’expatrié peut aussi constituer un réel atout pour affronter les processus de sélection en France. En effet, confrontés dès leur plus jeune âge à des cultures différentes, ces élèves ont une vision plus globale du monde qui les entoure et une culture générale plus étoffée. La pratique courante de plusieurs langues étrangères ainsi que l’enseignement bilingue dont ils ont souvent profités leur permet d’avoir des compétences valorisantes par rapport aux autres. Ils ont des profils que les grandes écoles comme Science Po ou les écoles de commerce recherchent.

 

Les dispositifs d’aide à l’orientation des lycéens expatriés

Les dispositifs mis en place pour aider les expatriés dans leur choix d’orientation varient d’un établissement à l’autre. L’aide est forcément inégale en fonction de l’implication du proviseur, de l’équipe enseignante et des parents d’élèves. A titre d’exemple, le Lycée Français de Londres a mis en place son propre centre d’information et d’orientation composé de trois conseillères : une pour les cursus britanniques et deux pour les cursus français. A Chicago, les élèves ont à leur disposition une conseillère d’orientation pour ceux qui envisagent de poursuivre leurs études en France et une College Advisor pour ceux qui préfèrent rester en Amérique du Nord. En revanche, dans les lycées où les effectifs des classes de terminale sont extrêmement réduits, les élèves et leurs parents restent la plupart du temps livrer à eux-mêmes.

Face à cette difficulté et à la demande croissante des familles expatriées, l’Agence pour L’enseignement des Français à l’Etranger (AEFE) a mis en place en 2007 un service d’orientation spécialisé. Composé de huit personnes, il est dédié à l’orientation des élèves de l’étranger. Trois chargés de mission se déplacent pour conseiller les jeunes mais aussi pour former les équipes enseignantes afin qu’elles soient mieux armées pour orienter elles-mêmes leurs élèves. Afin de renforcer le système, l’AEFE a aussi renouvelé son partenariat avec l’ONISEP en développant des outils en ligne pour mieux répondre à la demande de la communauté expatriée. Celle-ci peut désormais utiliser deux services en ligne :

- www.biblionisep.fr

Il s’agit de la bibliothèque numérique de l'Onisep. Elle permet de consulter l'essentiel des publications de l'Onisep sur les métiers, les formations et les secteurs professionnels. Il est possible d’acheter en ligne les guides en version numérique.

- www.monorientationenligne.fr

Il s’agit d’un service gratuit et personnalisé pour répondre aux questions sur les formations professionnelles et les études en France. Des conseillers d’orientation psychologues spécialisés répondent par e-mail aux questions des élèves expatriés.

 

Des initiatives privées ont aussi été créées pour répondre localement aux besoins des familles expatriées. Ainsi deux mamans vivant à Hong Kong ont créé Coaching Ado en novembre 2010. Partant du constat de la diversité des parcours possibles et de la forte demande d’aide et d’informations des parents et de leurs enfants, Séverine Douilhet et Anne Olivier proposent des services en coaching d’orientation qui permettent « à l'adolescent de comprendre comment il fonctionne, quels sont ses centres d'intérêts et de lui faire prendre conscience de sa valeur ainsi que de ses motivations ». Séverine et Anne précisent : « Nous travaillons en amont du conseiller d’orientation. Nous aidons les parents à gérer leurs interrogations et nous travaillons sur un ou plusieurs scénarios d'orientation post bac. Nous établissons une relation d'écoute, de dialogue et de partage avec chacun des protagonistes. Mais nous n'intervenons pas dans la sélection des écoles qui est à faire en fonction du niveau scolaire ».

 

Pour aller plus loin :

- AEFE : http://www.aefe.fr/ (rubrique orientation)

- Admission Post Bac – Le portail national de coordination des admissions dans l’enseignement supérieur : http://www.admission-postbac.fr/

- Le portail étudiant : http://www.etudiant.gouv.fr/

- Le canal des métiers : http://lecanaldesmetiers.tv

- Jeanine Over de Linden, Pascale Marmara, Orientation : aidons les jeunes à construire leur avenir, Editions Diateino, 2008.

Publié le 07.04.11 par Véronique Martin-Place

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