Gaël a choisi une « expatriation à temps partiel » entre une Asie hédoniste et sportive, et des Alpes, matériellement plus sûres…
Gaël, 45 ans, est un surfeur dans l’âme. Mais …comment vivre une telle passion quand on est franco-suisse, natif des Alpes ? Depuis douze ans, Gaël a trouvé la solution sur la côte Est du Sri Lanka, à Arugam Bay. Un endroit tout simple mais magique : une plage exceptionnelle, une population de pécheurs tranquilles et quelques fous de surf comme lui.
Au départ, l’idée était seulement de profiter des vagues…
Mais après quelques années dédiées au sport, Gaël décide de se faire entrepreneur.
Idée de base : accueillir des surfeurs du monde entier. Quelques cabanes suffiront : le confort est vétuste, sans eau ni électricité, pour une « affaire » que Gaël monte en s’associant avec deux Sri Lankais. Au fil des ans, les cabanes deviennent des bungalows confortables pour une clientèle occidentale de surfers aisés.
Mais cette hôtellerie spécialisée, même sur un « spot » réputé, ne suffit guère à faire vivre un jeune homme contraint de réinvestir presque tout ce qu’il gagne…
D’où une idée originale qui est aussi un choix de vie : pour assurer sa sécurité matérielle mais aussi pour préserver ses racines européennes, Gaël décide de vivre …à cheval sur deux continents, six mois dans les Alpes et six mois à Arugam Bay.
Pendant la saison creuse, Gaël retrouve en Europe son métier d’origine, la décoration de vitrines.... Pendant six mois, il retourne à ses vagues.
Passionné mais pragmatique
L’intérêt de cette expatriation à mi-temps n’est pas seulement matériel. Il est aussi psychologique.
La vie quotidienne à Arugam Bay, si agréable soit-elle, demande une solide capacité d’adaptation. Comme tout expatrié, Gaël a dû s’habituer aux us et coutumes locales, apprendre les codes d’une culture totalement différente de la sienne et s’accommoder d’une vie quotidienne où les embûches ne manquent pas.
Il doit aussi évoluer dans un microcosme hétéroclite : une poignée d’occidentaux souvent excentriques qui gèrent, comme lui, des guest houses, une population locale parfois envieuse car elle veut profiter, elle aussi, de l’afflux de devises, des touristes surfeurs très hédonistes. Pas toujours facile !
Le Sri Lanka est en outre un pays risqué à plusieurs titres. Des tempêtes peuvent s’avérer meurtrières sur les côtes et tout détruire du jour au lendemain ; le tsunami de 2003 l’a prouvé...
C’est enfin un pays qui se remet difficilement d’une guerre fratricide meurtrière. L’accord de paix, signé en 2009, est encore fragile et la politique du gouvernement vis-à-vis du tourisme et des étrangers est incertaine. Gaël sait qu’il peut donc subir toutes sortes de tracasseries ; tout peut lui être « confisqué » du jour au lendemain… Et les rumeurs, volontiers alarmistes, vont bon train à Arugam Bay.
Le surfeur apprécie donc de retourner régulièrement chez lui, parmi les siens, dans ses Alpes familières qui lui offrent des racines solides.
Pour l’instant, pourtant, l’heure n’est pas aux racines : bronzé et décontracté, Gaël scrute la mer à travers les cocotiers. Une seule question se pose aujourd’hui : faut-il, oui ou non, sortir la planche ?
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