Les expatriés constituent une population mal connue. Résultat, les entreprises ne savent pas tirer le meilleur parti de leurs compétences…
Dispersés tout autour du monde, issus de métiers et de secteurs d’activité différents, changeant régulièrement de pays, les expatriés constituent par définition une population difficile à connaître.
D’où l’enquête annuelle conduite par le cabinet de conseil et d’accompagnement Berlitz Consulting, avec, cette année, la collaboration de Magellan, un club de Directeurs des Ressources Humaines, et de l’Insead, qui a travaillé sur la constitution du questionnaire.
Objectif de l’enquête qui a concerné cette année quelque 600 personnes, dont 70% de Français : établir un portrait-robot des expatriés qui permette, dans un premier temps, de mieux connaître cette population, ses motivations, ses attentes et ses difficultés. Dans un deuxième temps, cette meilleure compréhension d’une population de plus en plus étoffée mais aussi de plus en plus mouvante devrait permettre aux entreprises d’améliorer leur stratégie à l’international et leur gestion des ressources humaines. Pour les expatriés eux-mêmes, l’objectif est enfin, explique Patricia Glasel, directrice de Berlitz Consulting, « de les aider à tirer le meilleur parti de leur séjour, au plan personnel aussi bien que professionnel ».
Un homme jeune et bien formé…
Les premiers résultats dessinent un portrait-robot aux traits assez nettement marqués : l’expatrié est globalement un homme jeune -il a dans 70% des cas moins de 40 ans-et très éduqué puisque son niveau d’étude est très majoritairement supérieur ou égal à bac +5.
Passés ces constats somme toute assez attendus, l’enquête enregistre quelques résultats plus surprenants.
Ainsi la pratique des langues étrangères de nos compatriotes. Alors qu’on les croit souvent peu polyglottes, la plupart des expatriés français déclarent avoir un niveau d’anglais « avancé » et considèrent que leur pratique des langues étrangères ne constitue en rien pour eux un obstacle à l’intercompréhension.
Les expatriés de nationalité anglo-saxonne font, eux, un constat différent et non moins inattendu : contrairement à ce que l’on pourrait croire, ils rencontrent relativement plus souvent que les autres des problèmes interculturels liés, justement, à leur pratique de la langue anglaise ! Disposant de la langue dominante du monde des affaires, nombre d’entre eux maîtrisent mal les idiomes étrangers ; résultat, ils sont finalement mis en difficulté face à un monde qui pratique plus souvent le « globish d’aéroport » que l’anglais de la Reine…
… Qui ne pense guère à son entreprise au départ…
Autre surprise relative : le choix de quitter la mère patrie est en général en France très peu dicté par des impératifs professionnels ! Même si c’est leur travail qui leur en donne l’occasion, les expatriés disent avant tout partir pour découvrir un autre pays et vivre une nouvelle expérience familiale…D’où d’ailleurs l’importance de la préparation et de l’accompagnement de la vie quotidienne : épouses et enfants sont essentiels pour la réussite d’un séjour à l’étranger. Gare aux entreprises qui croiront pouvoir se dispenser de prendre en compte cette dimension…
… Et n’en attend pas grand-chose au retour !
Enfin, à leur retour, la plupart de ces expatriés partis pourtant si enthousiastes et sûrs d’eux trouvent la réadaptation très difficile… Le plus souvent, l’entreprise semble les avoir quelque peu « oubliés » dans leurs postes lointains, au point de négliger de leur trouver un point de chute adapté à leurs besoins et à leurs compétences au retour. Résultat –à méditer pour les directions des ressources humaines !-, plus de 60% des expatriés, une fois revenus en France, quittent l’entreprise qui les a pourtant envoyés découvrir le monde.
Et 90% d’entre eux n’ont qu’une idée en tête : repartir… Un virus qu’ils ont d’ailleurs en général inoculé à tout le reste de la famille !
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