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Frontaliers : faits et méfaits du franc suisse…

Les frontaliers entre France et Suisse bénéficient de la hausse du franc suisse

Les travailleurs frontaliers français voient leur pouvoir d’achat grimper au même rythme que le franc suisse.


Le franc suisse se comporte, depuis quelques mois, comme les montagnes du même nom : il grimpe, grimpe, grimpe…

L’explication du phénomène n’a pourtant rien à voir avec la géographie et tout avec la finance ; avec la crise de l’euro, les investisseurs se sont rués sur le franc helvétique considéré comme une valeur-refuge. Résultat, la monnaie suisse s’est appréciée de 20% depuis le début de l’année.

Pour les travailleurs frontaliers, et notamment français, c’est l’aubaine : payés en Suisse, et faisant leurs achats pour l’essentiel en France, ils ont vu leur pouvoir d’achat augmenter de 20 à 30%. Ils sont aujourd’hui quelque 80 000 à traverser la frontière chaque jour ou chaque semaine, attirés par un salaire moyen de 5000 euros, très au-dessus des normes françaises...

Et ils viennent parfois de loin : traditionnellement installés dans l’Ain ou en Haute-Savoie, ils se déplacent maintenant de tout le Lyonnais pour aller travailler à Lausanne ou à Genève. En fait, le rayonnement des grandes villes suisses, où le chômage est quasi-inexistant, ne va qu’en s’accroissant ; les candidats à l’installation temporaire viennent des zones frontalières, mais aussi de région parisienne et des autres pays d’Europe.

Pourtant, ce qui fait le bonheur –peut-être très transitoire d’ailleurs…- des salariés ne fait pas celui de leurs… employeurs ! Avec la hausse du franc suisse, les entreprises exportatrices ont de plus en plus de mal à vendre leurs produits sur les marchés internationaux.

C’est vrai des entreprises suisses ; certains exportateurs proposant des produits à très haute valeur ajoutée, comme du matériel de précision pour l’aviation, rognent sur leur marge pour éviter de perdre toute compétitivité. C’est également vrai des entreprises françaises ; durant ces dernières années, des PME françaises, notamment des sous-traitants franc-comtois de l’horlogerie de précision, avaient choisi de s’installer en Suisse pour y bénéficier des savoir-faire qui, justement, avaient déjà délaissé la zone frontalière française pour travailler en Suisse. On dénombre actuellement quelque 550 filiales d’entreprises françaises en Suisse, et le flux d’installation a longtemps été très dynamique.  Pourtant, le taux de change actuel les pénalise et rend, dans l’état actuel de la parité euro-franc, toute expansion plus difficile…

Publié le 10.10.11 par Christine Murris
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