Une entreprise se lance dans l’expatriation pour accompagner son développement en Inde et en Australie..
En janvier dernier, Keolis, entreprise spécialisée dans la gestion du transport des personnes, s’est dotée d’une politique d’expatriation « transparente, équitable et cohérente », selon les mots d’Isabelle Lerin Basset, Directrice des ressources humaines à l’international.
Et pour cause : cette filiale de la SNCF qui n’avait jusque là qu’une douzaine de collaborateurs en poste à l’étranger sur un effectif total de 47 000 salariés nourrit des projets de développement importants à l’international.
Au premier rang de ces projets, l’Inde d’une part, et l’Australie, où la construction d’un réseau de tramway sur la Gold Cost va nécessiter l’envoi d’experts techniques et financiers. Ils épauleront les cadres d’ores et déjà expatriés, « essentiellement des managers de haut niveau, envoyés en support des équipes locales pour assurer un transfert d’expertise particulière ou de la supervision financière », explique Isabelle Lerin Basset.
Fil rouge de la nouvelle politique d’expatriation de Keolis : privilégier l’accompagnement du salarié et de sa famille.
« Notre objectif est double : minimiser l’impact de l’expatriation pour le collaborateur et maîtriser les coûts pour l’entreprise », précise Isabelle Lerin-Basset. Traduction : l’expatriation ne génère aucun bénéfice financier supplémentaire pour le salarié candidat au départ. En revanche, la rémunération et les allocations versées pour le logement et les frais de scolarité des enfants sont ajustées en fonction du coût de la vie dans le pays de destination, en positif comme en négatif.
Même égalité de traitement en matière d’assurances : l’expatrié est couvert pour la maladie, le chômage, la retraite et la prévoyance au même niveau que dans son pays d’origine. Par ailleurs, l’entreprise prend en charge les frais de déménagement, un voyage aller/retour par an pour toute la famille, ainsi que le paiement des impôts.
Benjamin Vautrin, expatrié pendant trois ans en Belgique comme directeur financier adjoint et installé depuis six mois à Melbourne, a pu apprécier les avantages de cette nouvelle gestion. « Le processus est beaucoup plus structuré qu’avant. On nous donne un document de référence sur les conditions d’expatriation et, avant le départ, on nous communique des informations sur le système éducatif, des adresses utiles, ainsi que les coordonnées d’autres expatriés sur place. Mais l’essentiel réside dans l’assistance apportée au conjoint dans sa recherche d’emploi, avec la prise en charge intégrale des frais d’un cabinet d’outplacement », témoigne-t-il.
Autre amélioration : les budgets alloués aux allocations logement, scolarité et garde d’enfant sont plus conformes aux réalités du marché. Une évolution appréciée par ce père de deux enfants un peu décontenancé par le coût très élevé de la vie en Australie.
Une évolution de poids pour une entreprise dont le développement à l’international est somme toute récent : « Il ne date que de dix ans, essentiellement en Europe et en Amérique du Nord, ainsi qu’en Australie. Or, dans ces pays, les compétences présentes sur place avaient jusque là conduit à limiter le nombre des expatriés», souligne Isabelle Lerin-Basset. « Il fallait se donner les moyens d’accompagner la nouvelle donne… »
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