Les entreprises françaises dans les starting blocks pour la reconstruction en Libye.
Pas de temps à perdre... Une délégation d'hommes d'affaires se rend à Tripoli en octobre avec le secrétaire d'Etat au commerce extérieur, Pierre Lellouche....
Objectif : prendre des places aussi significatives que possible sur un marché de la reconstruction évalué par le Conseil national de transition libyen à 200 milliards de dollars. Les Français bénéficieront-ils d'une "longueur d'avance" sur ce vaste chantier ? C’est l’avis de Thierry Courtaigne, directeur général de Medef International : « La France bénéficie incontestablement d’un climat de sympathie », a-t-il affirmé. Reste à voir « ce qui se passe en Libye, ce qu’on pourrait y faire, les priorités, la façon de s’organiser… ». C'est justement pour mieux "voir" qu'une délégation forte de 400 hommes d'affaire s'est, dès septembre, rendue à Tripoli, précédant ainsi le secrétaire d'Etat dans les sables libyens.
Les secteurs concernés ? Ils sont très nombreux dans un pays où presque tout est à refaire… Au-delà du secteur pétrolier et gazier, évidemment majeur, de fortes demandes se font entendre dans les télécommunications et les transports, terrestres et aériens. Des entreprises françaises pourraient également être sollicitées, à la suite des combats, pour participer à la reconstruction des infrastructures, à la fourniture et la mise en place d’équipements de santé et de sécurité. Enfin, des contrats substantiels pourraient être conclus dans le domaine de l’agroalimentaire.
En marge de la présentation des résultats de son groupe, Xavier Huillard, pdg de Vinci, s’est prudemment exprimé sur le sujet : «La Libye est pour nous une cible stratégique depuis plusieurs années », a-t-il affirmé, tout en rappelant que cette entreprise leader dans le domaine des bâtiments et travaux publics était présente dans le pays sur deux chantiers, à Tripoli et à Syrte, lorsque la révolution a éclaté… Total, très impliquée aussi dans le pétrole libyen, entend y reprendre toute sa place. Pourtant, la priorité est désormais d'emmener des PME plus que d'en rester aux grands groupes : "Il doit y avoir place pour elles, et, avec la visite que nous allons conduire sur place, ce sont les PME que je veux encourager sur ce terrain prometteur", a affirmé Pierre Lellouche, secrétaire d'Etat au commerce extérieur.
Reste que les Français ne sont évidemment pas seuls sur des rangs déjà bien encombrés… Dès avant la révolution, Italiens et Espagnols étaient déjà très présents dans le pays. La compagnie pétrolière italienne ENI, qui se taillait déjà la part du lion et qui contrôle le seul gazoduc d’exportation, s’apprête à reprendre ses activités au plus vite. De plus, il n’est pas certain que la « sympathie » invoquée par le Medef au plan politique se traduise directement sur le plan économique : « Beaucoup de gens pensent que le nouveau régime, sous influence de l’occident, va offrir des contrats très favorables à des entreprises de pays qui ont fortement soutenu l’action de l’Otan », constate Helima Croft, spécialiste du pétrole à Barclays Capital. « C’est en fait très peu probable, car les compagnies vont se faire une concurrence féroce entre elles »…
Pour faciliter la tâche aux entreprises hexagonales, une antenne d’Ubifrance, agence chargée du soutien aux entreprises sur les marchés internationaux, devrait en tout cas être créée dans le pays en 2012.
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