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Séphora, l’expatriation cocooning

L'expatriation chez Sephora - Magazine de l'expat

Si la chaine de produits de beauté a inventé une nouvelle approche clientèle, elle a aussi concocté pour ses salariés une expatriation qu’elle veut «  5 étoiles ».

 

Ici, les candidats à l’expatriation sont chouchoutés, accompagnés, aidés, dédommagés… Nous sommes chez Sephora. Tout est mis en œuvre pour que le collaborateur fasse de cet « exil volontaire » une expérience positive. « Notre entreprise est composée à 90% de femmes entre 25 et 35 ans donc en âge de se marier et d’avoir des enfants, pour cette raison, prendre la décision de s’installer à l’étranger n’est pas simple », explique Sophie Mouhieddine, DRH Développement international de Sephora. Or, dans une société qui compte plus de 600 magasins en Europe et qui poursuit un développement rapide en Asie et aux Etats-Unis, maîtriser l’expatriation est une nécessité...

Première étape : un bilan familial et personnel avec le candidat. Dès lors que les besoins précis de la famille ont été identifiés, des mesures concrètes sont proposées ; prise en charge du déménagement, recherche d’un nouveau logement, paiement d’une prime d’installation qui représente un mois de salaire.

Afif Haddar, ancien directeur général du Séphora des Champs Elysées, est depuis huit mois à Dubaï où il développe 20 magasins répartis dans les pays du Golfe. « La règle pour louer un appartement à Dubai est de verser un an de loyer à l’avance ! C’est une somme importante, témoigne-t-il. J’ai demandé aux ressources humaines de m’aider en m’accordant un prêt qui a été accepté dans les 48 heures ». Séphora a aussi financé sur place, une agence chargée d’épauler l’épouse du nouveau directeur commercial pour le règlement des détails de la vie pratique, du choix de l’école à celui de l’appartement.

Une expatriation en première classe

Car la politique de l’entreprise est de soutenir toute la famille dans cette aventure ! Séphora s’occupe ainsi de l’inscription des enfants dans les écoles et facilite le retour à l’emploi du conjoint. Les structures  de la société Net Expat sont mises à sa disposition pour l’aider à rechercher  les postes vacants et à décrocher des entretiens d’embauche. La famille Haddar a même eu droit à un voyage de découverte d’une semaine avant d’accepter l’expatriation à Dubaï.

L’aide matérielle n’est pourtant pas la seule composante de cette expatriation 5 étoiles. « Nous mettons un point d’honneur à ce que tous nos collaborateurs partent avec un niveau de protection sociale équivalent à celui qu’ils ont en France », insiste Sophie Mouhieddine. Cette protection passe par la prise en charge de la cotisation retraite pendant la durée de l’expatriation et par l’adhésion à une mutuelle. Chaque expatrié est affilié à la Caisse des Français de l’étranger, équivalent de la sécurité sociale.

Hors Europe, Sephora affilie ses collaborateurs au GARP, la « caisse chômage » des français de l’étranger. Une façon comme une autre de tout prévoir ! Au retour, -dont chacun sait que c’est traditionnellement un moment difficile pour les expatriés…-, le « revenant » n’est pas certain de trouver un poste correspondant aux compétences qu’il a acquises durant son séjour à l’étranger, ou bien aux nouvelles aspirations qu’il peut avoir développées… Dans ce cas, si «  l’entreprise ne dispose pas du poste ad hoc, admet Sophie Mouhieddine, et si cette situation se traduit par un départ du salarié, celui-ci a au moins des droits à indemnisation… ».

 

Publié le 13.06.11 par Veronique Pierron
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