75017 Paris
L’expatriation se fait très souvent pour des raisons professionnelles, une situation qui n’est que temporaire. C’est pour cette raison que les Français à l’étranger ne sont que rarement organisés en lobbys politiques au sein de leur pays d’adoption, mais c’est là un tout autre sujet.(1) Le rejet...

Témoignage. Jean-Emmanuel Afota est directeur financier de Volvo Finances, à Moscou, depuis avril 2008.
« Dans ma fonction de directeur financier, parler russe n'est pas indispensable. Les relations de travail se passent en anglais et, de fait, la plupart des directeurs financiers que je connais à Moscou parlent peu le russe. Mon entreprise finance cependant 200 heures de cours de russe les premières semaines pour en connaître les bases. Mais, pour bien parler cette langue, qui est particulièrement difficile, c'est loin d'être suffisant. »
« Pour ma part, j'ai voulu aller plus loin. Car l'expatriation est bien plus riche si l'on intègre la culture du pays et si l'on peut se lier d'amitié avec des locaux. Au-delà des connaissances livresques, on comprend mieux les réactions des Russes, le sens de leurs traditions et leur manière de penser. Voilà pourquoi j'ai continué à prendre des cours de russe et à travailler chaque soir. »
« Toutefois, intégrer une nouvelle culture n'est pas facile. Cela demande de remettre en perspective nos repères et de relativiser nos point de vue pour, en fin de compte, approfondir notre propre identité et sensibilité. Un de mes collègues russe, touché par ma démarche, m'a proposé de me donner des cours gratuitement et depuis, les relations dans l'équipe sont devenues plus chaleureuses et plus profondes. Elles vont au-delà du purement professionnel. »
Aujourd'hui la moitié de mes amis sont russes. Je fais du sport et je pars en week-end avec eux. Je prends aussi des cours de chant en russe. Et je m'efforce de lire le journal ou de regarder des films en version originale. Car parler la langue locale, c'est accéder au potentiel culturel et humain qui m'environne et qui, particulièrement en Russie, est d'une richesse exceptionnelle. »
http://www.lesechos.fr/management/actu/020339394367-en-russie-le-relais-de-l-anglais-ne-suffit-pas.htm